fbpx

Le secteur FIG: Financial Institutions Group

Qu’est-ce que c’est ?

Les institutions financières constituent toujours un secteur à part dans les banques d’affaires, couvertes par les équipes dites FIG (Financial Institutions Group). Un secteur à part car, à première vue, les sociétés qui en font partie n’ont rien à voir avec celles que les banquiers ont l’habitude d’appréhender. Jetez en effet un œil au compte de résultat d’une banque : il commence par les produits d’intérêts et il n’y a pas d’EBITDA ! Et si on ne calcule pas de valeur d’entreprise, comment peut-on alors faire une valorisation d’une société du secteur ? Malgré ces subtilités, le quotidien d’un banquier FIG est en fait très largement similaire à celui d’un banquier généraliste ou de tout autre secteur, nous y reviendrons.

Ce qui caractérise principalement ce secteur, c’est son caractère régulé (même si tous les types de sociétés en faisant partie ne sont pas nécessairement régulés, comme notamment les activités d’intermédiaires financiers). Régulé, cela signifie que les sociétés obéissent à des contraintes juridiques et réglementaires, et font l’objet d’une supervision par des autorités spécialisées (souvent la banque centrale ou une émanation de cette dernière, selon les pays). Au-delà de l’activité même de la société, cela a des conséquences fortes sur le travail du banquier M&A : n’importe qui ne peut pas racheter une compagnie d’assurance importante d’un pays, et l’analyse financière et la valorisation des sociétés dont tenir compte des contraintes spécifiques imposées par ce caractère régulé. Par exemple, les capitaux propres d’une banque sont suivis de très près par les autorités de supervision bancaire et doivent être suffisamment importants pour faire face aux engagements de la banque, ce qui en fait un agrégat qui peut être utilisé pour comparer des banques et permet de réaliser une valorisation par des multiples de Price-to-Book, ce qui serait une hérésie dans une activité industrielle par exemple.

Au-delà des classiques banques et compagnies d’assurance, le secteur des institutions financières recouvre en fait un panel très large de sous-secteurs et d’entreprises très différentes, dont les business models et les dynamiques n’ont rien à voir : gestionnaire d’actifs, courtiers et autres intermédiaires financiers, opérateurs boursiers, organismes de financements spécialisés, prestataires de service de paiement ou encore fintechs.

Pourquoi postuler en FIG ?

Tout d’abord, le secteur des institutions financières est passionnant car ces dernières sont véritablement au cœur du système économique d’un pays (comme on a malheureusement pu le constater lors de la crise des subprimes). Les enjeux du secteur bancaire en particulier, mais c’est tout aussi vrai pour le secteur des assurances notamment, sont donc extrêmement vastes et extrêmement sensibles. Le facteur politique est prépondérant dans les transactions M&A du secteur (voir à ce sujet notre article sur la consolidation bancaire européenne [LIEN]), et il n’est pas rare de voir des opérations échouer car l’acquéreur est rejeté par le régulateur.

Au-delà de ces considérations générales, c’est aussi un secteur réputé pour être plus technique que d’autres, et le banquier M&A FIG aura la chance d’être exposé à la fois aux méthodes de valorisation traditionnelles et à celles spécifique à ce secteur, le faisant développer une palette d’outils plus large.

C’est aussi une niche qui permet de devenir rapidement un spécialiste recherché, les banques d’affaires, les équipes de M&A interne des institutions financières mais aussi les fonds d’investissement, de plus en plus actifs sur le FIG, étant constamment à la recherche de banquiers spécialisés dans ce secteur, aussi bien à des niveaux juniors que seniors.

Quelles sont les différences dans le quotidien d’un banquier ?

Contrairement à ce que beaucoup de candidats ou débutants pensent, le quotidien d’un banquier FIG est largement identique à celui d’un banquier généraliste ou d’un autre secteur : les process M&A sont les mêmes, la typologie des acteurs est le même (stratégiques, fonds de private equity, fonds souverains, etc.), les principes de l’analyse financière et de la valorisation sont similaires (même si les méthodes différent, le principe d’un Dividend Discount Model est semblable à celui d’un modèle de Discounted Cash Flows, la contrainte réglementaire en plus).

La véritable différence réside probablement dans un mode de pensée et des dynamiques sous-jacents complètement différentes, mais cela se ressent plutôt à un niveau de banquier senior que junior.

Quelles sont les meilleures banques dans ce secteur ?

Pas de surprise, les league tables FIG sont dominées par les mêmes acteurs que la plupart des secteurs. En Europe, les grandes banques américaines tirent leur épingle du jeu : Goldman Sachs, J.P. Morgan, Morgan Stanley, notamment sur les mega-deals transfrontaliers. En France, BNP Paribas, Lazard et Rothschild sont aussi très présents. Parmi les boutiques, sans surprise Natixis Partners a aussi été impliqué sur quelques belles opérations cette année.

error: Content is protected !!